Le désert avance et le sable lui-même glisse Qui est cet homme dont le visage paraît l'écho lointain d'un autre visage dont le regard s'efface à mesure qu'il regarde dont la voix se déverse dans le silence dont les gestes ébauchent des châteaux de songe...
L'escalier noir combien nous le montâmes d'où s'élevait parmi tant de crachats un remugle d'asphodèles Des chats miaulaient comme pour mieux capter les âmes Orange une lueur livrait les ombres à quel vertige À quelle angoisse alors que des soleils en...
Il faut que la femme danse que résonne sans peur le dithyrambe que le désir s'irise d'un sang d'encre que s'écrase à même la peau chaque pampre que la beauté magistrale nous hante que s'agenouille un roi dans la fange que l'azur réduise l'orgueil en cendre...
Ma tête éclate sur les murs de l'ennui Les herbes de sang contemplent les étoiles de la mort dans la cavité moite où brûle la lune Le déchirement des orages éclabousse les statues qui marchent en se tenant la main pendant que les derniers squelettes gigantesques...
Dans les ruines sous le rire cru du mistral la libertine œillade les demi-dieux Enceinte de quel souvenir de vous ô lecteurs elle savoure d'être nue jusqu'à l'âme La morale est ma chienne la vertu est ma truie dit-elle et vos épouses mes filles de joie...
Elle viendra celle que tu ne connais pas Elle n'aura pas de visage Dans le silence de ton cœur ses pas accompagneront la nuit où le temps est mirage Elle s'approchera de toi te regardera de ses yeux vides Rien à dire D'ailleurs a-t-elle une voix et voudras-tu...
Masques d'or ou d´argent poitrine de pourpre ou de satin parfum de citron ou de lavande mer d'émeraude ou de cristal rayonnement des sables ou des neiges château de lune ou d'étoile chevelure d'ombre ou de lumière paroles de douceur ou d'extase blessure...
Zénith où le soleil est cloué voici la plus belle je le dis sans craindre sifflets ou sarcasmes celle aux parfums d'héliotrope et de lys celle qui de ses yeux ardents franchit les bornes celle dont la grâce ne quémande rien mais découvre à même le désert...
Un jour où nous qui sommes serons poussière très loin par-delà d'inconcevables siècles des hommes se lèveront sous le soleil prononceront des mots inconnus avanceront sur des chemins de nous ignorés rêveront un rêve semblable au nôtre. Et ceux-là dont...
Dans la brume d'argent froid qu'à peine un rai traverse une forme noire se découvre immobile dont on ne saura jamais rien Qui est-il ou qui est-elle si quelqu'un ici peut répondre selon des mots si la question même en tel désert forme sens Ombre infime...
Il avait erré de souvenir en oubli Elle avait fini par n'avoir plus de visage Il s'était jeté dans le premier désespoir Elle s'était habillée d'orgueil et d'absence Il avait ri en voyant les mensonges du temps Elle s'était reconnue dans chaque suicide...
Ayant ouvert la porte sans s'occuper de la fermer derrière lui il s'avança sur un de ces trottoirs qui ne conduisent qu' à la mort et coudoya ces étrangers qui depuis leur adolescence prennent le masque qu'ils portent au fil des jours pour leur visage...
Sur le sable noir de l'amour sable adoré nous avons une nuit enfin vaincu le rêve Et ma bouche a mordu cent fois ton corps doré Et la mer nous a pris le long de cette grève Sur le sable rouge d'amour sable adoré nous n'avons jamais vu le matin qui se...
Oui dans la salle mi-verdâtre mi-roussâtre les épaules se frôlaient Brouhaha parmi les cœurs ces viscères silencieux Cléopâtre exhibait ici un long sourire ennemi à Quasimodo Là riait le dieu Priape aux éloges de Cendrillon Plus loin encor Mélusine s'enroulait...
Ce corps qui fut le tien aux plages de l'absence je le regarde Aucun mot n'y suffit Déjà il s'éloigne selon l'oubli qui l'outragea jusqu'au seuil du partir Nul et nu il commence l'impensable voyage où règne le silence Dire s'il revêtit philosophe ou goujat...
Chef-d'œuvre est donc ce corps Tatouage et piercing s'appellent pour donner ses lettres de noblesse à la nudité fière où le désir se dresse Qu'importent les musées avec leurs vases Ming Sur les ruines du temps s'offrent mâle et femelle objets de culte...
Ce fut la nuit Ce fut le vent Ce fut l'absence Sur le chemin désert la lune au teint plombé attendait qu'un amour achevât son errance Un homme à quelques pas n'était-il point tombé Une ombre assurément à demi perceptible d'où s'échappa soudain comme un...
Métallique la lune au ventre du dormeur réveille le secret que le Temps voudrait clore Serait-ce la beauté ivre de son aurore ou quelque noir miroir qui méduse le cœur Mais peu importe en fait N'est-elle point la sœur de celle qu'il aima quand il aimait...
Silence ombre rêve mort nuit et sexe Silence lourd opium des spasmes lents Ombre le doigt de Dieu frôle mon coeur Rêve porte de l'Absolu ouverte Mort musique brûlante qui me perce Nuit parfum mystique de l'Invisible Sexe ivresse de la chair-poussière...
L'éclair ne le sais-tu exulte Ne manque pas un seul pixel à l'ange carnassier d'Axel Parmi les cœurs un même culte La lumière au fil d'une flèche et son parfum Est-ce d'arum Encore une gorgée de rhum Est-ce l'adieu qui se pourlèche Déjà la dérision s'avive...
Il y avait dans la plaine ocreuse un arbre qui était un sceptre haut levé qui était une flamme d'or et de pourpre qui était un phallus d'arrogante jeunesse Il y avait par le sentier un parfum à vif qui était une danse d'abeilles qui était un cri estival...
Soumise-révoltée offerte-mystérieuse savoureuse-violente éprise-détachée lumineuse-nocturne orgueilleuse-brûlante excessive-fragile assoiffée-hiératique impatiente-pudique experte-machinale esclave-souveraine implacable-timide arrogante-rêveuse épanouie-recueillie...
Premier janvier - une heures du matin. Un masque blanc repose sur la table. Un homme, assis, le regarde fixement. Y voit-il la noirceur du monde? La mémoire des heures mortes? Le destin clos sur lui-même tel un secret disparu des consciences? (Combien...
Cette nuit la licorne tétera les mamelles de la lune Il dit Et l'homme qui avait toujours cru à l'humanisme étriqué de son temps ne cessera jusqu'aux souffles d'agonie de répéter ainsi qu'un mantra cette phrase jaillie de quel abîme céleste pressentant...
Il faut mourir: le hochet des maîtres-esclaves rebondit, de marche en marche, le long des escaliers de marbre; et voici que les ordres sans appel s'estompent dans la neige noire jusqu'à être déglutis par le silence; les dieux au masque doré ne savent...