Par M. de Saint-Michel
Dans la plaine où sommeille un drapeau de victoire
une ombre s'aventure en qui l'on ne peut croire
après que le soleil a perdu sa mémoire
Nul chemin dirait-on Le vent dessèche l'or
de l'enfance qui suit la gloire du décor
Le songe est démasqué s'éprenant de sa mort
Boulet aux pieds voici que le destin se traîne
sur la poussière et les cailloux Mauve géhenne
le cœur sombre au charnier sous des larmes d'ébène
Est-ce un rire ou le cri du silence glacé
Il semble que le deuil n'en ait jamais assez
et cerne le jardin déjà presque effacé
Car l'hiver est sans fin Car froide est cette cendre
Qu'importe l'horizon-mirage Il faut descendre
jusqu'au plus noir regret qui souffre à pierre fendre
Silhouette là-bas fantôme d'un instant
vainement subis-tu les gifles de l'autan
Vivre s'éloigne et roule emporté par le Temps
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