Par M. de Saint-Michel
Sous les glycines glissent les corps des partenaires
sexuels Le mistral plus furibond que tambours
et trompettes de guerre plus ardent que fers rouges
sur l'épaule aboie L'après-midi est en lambeaux
Eux n'ont-ils pas des sueurs d'huile bouillante à l'heure
où les mots grognent gémissent gueulent cependant
que le rêve des blés s'échevelle avec l'arôme
des pavots Les caresses décochent flèches d'or
Aussi blessés à vif s'acharnent-ils à survivre
au plaisir que l'été cruel aiguise Phébus
les y invite les y incite et se délecte
de leur peau qui ne sait plus à quel rut se vouer
Et les cigales scandent leurs émois dont le moindre
vrille l'esprit comme le ventre à ce point qu'amour
se livre aux mille bouches des libidos S'enrage
à goûter les mille formes de la possession
Oh que l'azur soit témoin de leur pur érotisme
qui ose tous les supplices de jouir La chair veut
le sang des baisers la sève qui essaime l'âme
la mort androgyne de ceux qu'enivre l'hubris
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