Par M. de Saint-Michel
Je t'aime Un baiser lancinant s'invente qui s'irise
Je t'aime J'ai tout brisé pour construire cette église
Je t'aime Dehors la pluie peut battre la pierre grise
Je t'aime Le miracle à mon rêve s'aiguise
Je t'aime Que le soleil dans l'ornière agonise
Je t'aime Flamboie dans ma voix l'âme surprise
Je t'aime La nudité est ma chemise
Je t'aime C'est l'odeur d'une chair qui m'exorcise
Je t'aime Enfin j'avance dans la toujours neuve hantise
Je t'aime Je n'emporte saison ni valise
Je t'aime Devant le feu qui s'élève le deuil s'incise
Je t'aime Parole proférée devient parole apprise
Je t'aime Mordre dans le plus rouge de la cerise
Je t'aime Un cri s'abandonne suppliant qu'on le traduise
Je t'aime Plus d'erreur plus de méprise
Je t'aime La blessure où je bois est violence soumise
Je t'aime Lèvres de braise gorge exquise
Je t'aime La mort au lointain pleure sa bâtardise
Je t'aime Mon regard reste à jamais cloué sur la terre promise
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