Par M. de Saint-Michel
L’Alliciante
dont on ne sait vraiment si elle est belle
marche sur les feuilles mortes du temps
avec dans les yeux la lumière des étoiles
daignant à peine considérer
tous ceux qu’elle méduse
L’Alliciante
dont on chercherait en vain à connaître l’âge
se vêt de poussière et de cendre
mais pourtant rayonne d’une insolente joie
devant laquelle les rois s’agenouillent
et demandent grâce
L’Alliciante
dont on ignore le nom véritable
apprivoise d’un geste les meutes de loups
que rejoignent chimères et licornes
et traverse les quatre saisons
dans une bouffée de parfum suave
L’Alliciante
dont on ne découvrira jamais l’origine
bande l’arc invisible du désir
pour décocher une foudre plus acérée que la mort
qui blesse à merveille
en générant le cri à vif du poème
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