Par M. de Saint-Michel
Grain de sable
dans quel vide glisses-tu
alors que la mitraille décapite les fleurs
et que les banques vomissent leurs excréments
Prisonnier des quatre saisons
un faux soleil enchaîne crime sur crime
avec pour unique miroir
le voyeurisme des politiques
dont les paroles voudraient souiller jusqu'au poème
Le songe tourne en rond
manège actionné par l'oubli de vivre
entre une prairie sans abeille
et une enfance privée de rêves
Ici et là
combien de fleuves charrient leur solitude
Combien de gratte-ciel rivalisent avec Babel
Sur écran géant
les marchands du temple lèchent la bave des chiens
après avoir ordonné dans un rire
le dépeçage de la beauté
L'écho renvoie l'écho
le mirage l'absence
et il faut vraiment la sagacité de l'amour
pour apercevoir les anges armés d'un glaive
prêts à faire justice
sur telle poussière abîmée dans l'espace
*****
Thème Magazine © - Hébergé par Eklablog